top of page

JOUR 9 — Le pilier de l’Année : le cadre large

Photo du rédacteur: Ars BaZi - Les Souffles du Temps
Ars BaZi - Les Souffles du Temps
26 sept.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 sept.

Ce que vous allez comprendre aujourd’hui


Être né l’année du Chien ne raconte pas une vie.

Hier, nous avons assemblé les huit repères visibles d’une carte BaZi pour découvrir son architecture : quatre Piliers, chacun formé d’un Tronc céleste au-dessus et d’une Branche terrestre en dessous. Année. Mois. Jour. Heure. Quatre colonnes.

Aujourd’hui, nous allons commencer à les regarder une par une. Et nous allons volontairement commencer par celle qui offre le plan le plus large : le pilier de l’Année.

Pas pour lui demander de raconter toute une personne. Justement l’inverse : pour comprendre ce qu’il peut nous montrer… et surtout ce qu’il ne peut pas montrer seul.


Paysage de montagnes et de brume entourant une petite maison, illustration du pilier de l’Année comme cadre large d’un thème BaZi.

Avant de regarder la maison, regardons le paysage


Imaginez que quelqu’un vous montre la photographie d’une maison.

Avant même d’entrer, vous apercevez peut-être une montagne derrière elle, une plaine, une forêt, une côte battue par le vent ou une grande ville. Ce paysage nous apprend déjà quelque chose.

Une maison construite au bord de l’océan ne rencontre pas les mêmes conditions qu’une maison située dans une vallée froide ou au milieu d’une région sèche. Le vent, l’humidité, les températures, le relief, l’environnement changent.

Pourtant, connaître le paysage ne vous dit toujours pas combien il y a de pièces dans la maison. Vous ne savez pas encore qui y vit. Vous ignorez ce qui se passe derrière les fenêtres.

Le paysage donne un cadre. Il ne raconte pas toute la maison.

C’est une bonne manière d’approcher le pilier de l’Année. Il appartient à la carte entière, participe à son équilibre et entretient des relations avec les autres Piliers. Mais son échelle est large.


Revenons à Winston Churchill


Depuis plusieurs jours, nous observons la même carte afin de ne pas changer de terrain chaque fois que nous découvrons une nouvelle règle.

Les quatre Piliers de Winston Churchill sont :

HEURE — Ji, Terre Yin, sur Bœuf, Terre YinJOUR — Xin, Métal Yin, sur Lapin, Bois YinMOIS — Yi, Bois Yin, sur Cochon, Eau YinANNÉE — Jia, Bois Yang, sur Chien, Terre Yang

Aujourd’hui, nous ne gardons qu’une seule colonne devant nous :

ANNÉE — Jia, Bois Yang, sur Chien, Terre Yang

Nous reconnaissons déjà sa construction. En haut : un Tronc céleste, Jia — Bois Yang. En dessous : une Branche terrestre, Chien — Terre Yang. Ensemble, ils forment le pilier de l’Année.

Mais attention à ce qui pourrait naturellement nous arriver maintenant : prendre ce seul pilier, chercher quelques significations, puis conclure : « Voilà Churchill. »

Ce serait beaucoup trop rapide.


« Je suis Chien »


C’est probablement l’une des portes d’entrée les plus connues vers l’astrologie chinoise.

« Je suis Dragon. »« Je suis Serpent. »« Je suis Chèvre. »« Je suis Chien. »

Ce langage n’est pas faux. Mais il est extrêmement incomplet lorsqu’on parle de BaZi.

Lorsque quelqu’un dit : « Churchill est Chien », il désigne en réalité seulement la Branche terrestre de son pilier de l’Année.

Regardez à nouveau sa carte. Il y a huit repères visibles :

Ji. Bœuf.Xin. Lapin.Yi. Cochon.Jia. Chien.

Le Chien est donc bien présent. Mais il n’est qu’une information parmi les huit repères visibles.

Et même dans le seul pilier de l’Année, il n’est pas seul : au-dessus de lui se trouve Jia, Bois Yang.

Dire « Churchill est Chien » revient donc un peu à regarder le paysage entourant une maison, à remarquer un arbre au premier plan… puis à résumer toute la propriété par cet arbre.

L’information existe. Elle n’est simplement pas suffisante.


Le pilier de l’Année n’est pas un mini-thème BaZi


C’est une distinction essentielle.

Chaque pilier appartient à la totalité de la carte. Nous pouvons l’observer séparément pour apprendre. Mais dans une véritable lecture, nous le replacerons toujours dans l’ensemble.

Le Jia de l’Année ne vit pas seul. Le Chien de l’Année ne vit pas seul.

Ils se trouvent dans une carte où existent également le Cochon, le Lapin et le Bœuf ; où se trouvent du Bois, de l’Eau, de la Terre et du Métal ; où le Mois installe un climat particulier ; où le Jour donnera bientôt notre point de référence.

Et ces éléments peuvent se soutenir, se contrôler, se combiner, se rencontrer ou entrer en tension.

Autrement dit : un pilier n’est pas une carte miniature à l’intérieur de la carte.

C’est une partie d’un système.


Alors, pourquoi parler de « cadre large » ?


Parce que tous les Piliers n’occupent pas exactement la même position dans notre regard.

Dans l’architecture temporelle de la carte, le pilier de l’Année constitue le repère le plus vaste des quatre.

Une naissance se produit dans une heure. Cette heure appartient à un jour. Ce jour se trouve dans un mois. Et ce mois se trouve lui-même dans une année.

L’Année forme donc une sorte de cercle extérieur autour des autres repères temporels.

Imaginez une carte de randonnée.

L’Année serait d’abord la région dans laquelle nous déplions la carte. Nous savons que nous sommes en Bretagne, dans les Alpes ou au bord de la Méditerranée. C’est déjà une information. Mais elle ne nous indique pas encore le sentier exact sur lequel nous marchons.

Le BaZi va progressivement resserrer le zoom. Aujourd’hui, nous sommes encore en plan large.


Une première inscription dans un monde plus vaste


Dans les lectures plus avancées du BaZi, le pilier de l’Année pourra notamment être mis en relation avec des dimensions assez larges de l’existence : certaines questions d’origine, de lignée, d’environnement ou d’inscription dans un contexte plus vaste.

Mais retenons bien le mot « notamment ».

Nous ne voulons surtout pas transformer cela en nouvelle table de correspondances rigides :

Année = ceci.Mois = cela.Jour = ceci.Heure = autre chose.

Ce serait pratique à mémoriser. Et dangereux à interpréter.

Pourquoi ?

Parce qu’une même information ne prend pas exactement le même sens selon ce qui l’entoure.

Le Chien de Churchill ne peut pas être lu sans regarder le reste de sa carte. Le Jia qui le surmonte non plus. Et le pilier entier entre lui-même en relation avec les trois autres.

Pour aujourd’hui, il suffit donc de retenir une échelle : l’Année ouvre le champ.

Elle nous place dans le paysage avant que nous nous rapprochions du centre.


Chemin traversant une vallée vers une maison, symbole du passage progressif du pilier de l’Année vers les autres niveaux d’un thème BaZi.

Deux personnes « Chien » peuvent avoir des cartes très différentes


Prenons maintenant une conséquence très simple.

Deux personnes peuvent être nées au cours d’une même année et partager la même Branche annuelle. Elles pourront donc toutes les deux dire : « Je suis Chien. »

Mais l’une peut être née en hiver et l’autre en été. Leur pilier du Mois sera différent. Elles peuvent être nées à plusieurs mois de distance. Leur Jour sera différent. Elles peuvent être nées à des heures complètement différentes. Leur Heure sera différente.

Et parfois même, selon la place exacte de la naissance dans le calendrier énergétique utilisé par le BaZi, les frontières temporelles ne correspondent pas exactement à celles auxquelles nous sommes habitués dans notre calendrier civil.

Les deux personnes auront donc peut-être un même Chien à l’Année… mais trois autres Piliers différents.

Le paysage général présente une ressemblance. La carte entière peut devenir totalement différente.


Et même le Chien n’est pas toujours le même


Nous pouvons aller encore un petit peu plus loin.

Hier, nous avons appris qu’une Branche terrestre n’existe pas isolément dans un pilier. Elle est associée à un Tronc céleste.

Ici : Jia — Bois Yang sur Chien — Terre Yang.

Le Chien appartient donc à un couple particulier. Dans une autre carte, un Chien pourrait être accompagné d’un autre Tronc.

Le même animal apparent ne signifie donc pas nécessairement le même pilier.

Voilà pourquoi le vocabulaire des « animaux chinois » peut constituer une porte d’entrée sympathique, mais devient vite insuffisant lorsque l’on commence réellement à lire un BaZi.

Nous ne regardons pas seulement un animal. Nous regardons un couple Ciel-Terre. Puis nous regardons la place de ce couple dans quatre Piliers. Puis sa relation avec tous les autres.


Nous sommes en train d’apprendre à zoomer


Depuis le début de cette série, nous faisons quelque chose d’assez inhabituel.

Nous ralentissons. Nous résistons à l’envie de donner immédiatement des significations.

Car un BaZi devient beaucoup plus facile à comprendre lorsque nous apprenons d’abord où regarder avant de demander quoi interpréter.

Hier : nous avons vu les quatre colonnes. Aujourd’hui : nous savons que l’Année constitue notre premier plan large. Demain : nous allons nous rapprocher.

Le pilier du Mois va nous faire entrer dans un niveau beaucoup plus déterminant pour comprendre le contexte et surtout la saison dans laquelle la carte prend naissance.

Puis nous arriverons au Jour.

Et là, quelque chose changera profondément dans notre lecture. Parce que nous rencontrerons enfin le point autour duquel nous allons commencer à organiser une grande partie de ce que nous observons.

Mais nous n’y sommes pas encore.


Ne demandons pas à l’Année ce qu’elle ne peut pas nous dire


Imaginez que vous arriviez dans un pays que vous ne connaissez pas.

Quelqu’un vous dit : « Cette personne est française. »

Vous connaissez maintenant un cadre.

Mais connaissez-vous son métier ? Non. Sa personnalité ? Non. Son histoire familiale ? Non. Ce qu’elle aime ? Non. La manière dont elle réagit sous pression ? Toujours pas.

L’information n’est pas inutile. Elle se situe simplement à une autre échelle.

Pour le pilier de l’Année, la prudence est comparable.

Nous pouvons apprendre à l’observer. Nous pouvons comprendre sa place. Plus tard, nous pourrons l’interpréter beaucoup plus finement.

Mais il ne doit jamais devenir une étiquette posée sur toute la personne.

Le cadre n’est pas le portrait.


Regardons une dernière fois la carte


HEURE — Ji / BœufJOUR — Xin / LapinMOIS — Yi / CochonANNÉE — Jia / Chien

Hier, nous voyions quatre colonnes. Aujourd’hui, imaginez que notre regard s’éloigne légèrement.

Tout au fond de la scène apparaît l’Année. Jia sur Chien.

Elle appartient pleinement au paysage. Mais devant elle existent encore trois autres plans : le Mois, le Jour, l’Heure.

Et nous n’avons pas encore commencé à observer toutes les relations qui relient ces éléments.

Voilà pourquoi réduire Churchill à son « signe chinois Chien » nous ferait perdre presque toute la carte avant même d’avoir commencé.


À retenir aujourd’hui


Une carte BaZi possède quatre Piliers. Le pilier de l’Année est l’un d’eux. Il contient lui aussi un Ciel et une Terre : un Tronc céleste et une Branche terrestre.

Dans notre exemple : Jia, Bois Yang, sur Chien, Terre Yang.

Mais ce pilier n’est pas toute la personne. Et le Chien, à lui seul, encore moins.

Le pilier de l’Année nous permet d’ouvrir le paysage. Il constitue un premier cadre, une inscription large dans laquelle les trois autres Piliers vont progressivement venir préciser notre regard.

Alors gardons aujourd’hui cette image : avant de chercher qui habite la maison, regardons d’abord le paysage qui l’entoure.


Demain, nous avancerons de quelques pas.

Nous quitterons le plan large de l’Année pour entrer dans le pilier du Mois.

Et nous découvrirons qu’en BaZi, parler du Mois revient à introduire quelque chose que nous avons déjà rencontré depuis le début de cette série : la saison.

Commentaires


bottom of page