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XU 1/3 — LE PAYSAGE DE XU

Photo du rédacteur: Ars BaZi - Les Souffles du Temps
Ars BaZi - Les Souffles du Temps
12 oct.
5 min de lecture

LA BRANCHE DU CHIEN OU QUAND L’AUTOMNE COMMENCE À FERMER LE MONDE

Il existe un moment de l’automne où la récolte n’est presque plus le sujet principal. Une grande partie de ce qui devait mûrir a mûri. Les champs se sont vidés, les feuillages perdent leur densité, les journées raccourcissent et les soirées arrivent plus vite. Le monde n’est pas encore entré dans l’hiver. Pourtant, quelque chose commence déjà à se fermer.

C’est dans ce paysage que se tient Xu.

Xu appartient à la fin de l’automne. Après Shen, lorsque le Métal commence à prendre forme, puis You, lorsque l’automne atteint toute sa précision, arrive un troisième temps. L’air devient plus frais, la lumière baisse encore, les écarts entre le jour et la nuit se creusent.

Dans le calendrier solaire traditionnel, le mois de Xu s’ouvre avec la « Rosée froide » et traverse ensuite la « Descente du givre ». Les noms eux-mêmes racontent déjà quelque chose. La saison ne cherche plus seulement à trier ce qu’elle a produit. Elle se prépare désormais à conserver ce qui devra traverser l’hiver.


Chien debout devant une ferme à la fin de l’automne, dans un paysage de champs dépouillés et de collines, illustrant Xu comme seuil entre l’automne et l’hiver.

LE PAYSAGE APRÈS LA RÉCOLTE


Avec You, nous avions imaginé une table couverte de récoltes. Il fallait regarder, choisir, séparer, conserver ce qui avait atteint sa juste maturité.

Avec Xu, nous pourrions revenir quelques semaines plus tard.

La table est presque vide. Les paniers ont été rangés. Une partie des grains a rejoint les réserves. Les outils commencent à être nettoyés. Dans les champs, les chaumes, les feuilles sèches et la terre nue deviennent plus visibles.

Ce qui était encore abondant commence à se retirer.

Voilà peut-être une première manière de sentir Xu : ce n’est plus seulement le moment de décider ce que l’on garde. Il faut maintenant lui trouver une place.

À l’extérieur, le monde semble perdre quelque chose. À l’intérieur, pourtant, les réserves commencent à compter davantage.


LA TERRE RÉAPPARAÎT


Pendant plusieurs semaines, notre regard était attiré par ce qui poussait, mûrissait, changeait de couleur ou tombait.

Puis la végétation se retire.

Et lorsque le végétal s’efface, quelque chose qui était là depuis toujours réapparaît : le sol.

La Terre devient visible.

Elle n’est plus cachée sous l’exubérance du printemps ou la profusion de l’été. Elle apparaît entre les herbes jaunies, sous les feuilles tombées, dans les champs ouverts après la récolte.

Mais ce n’est pas la Terre humide des premières pousses.

C’est une Terre de fin de saison. Plus sèche. Plus dépouillée. Exposée au vent, aux nuits fraîches, au changement de lumière.

Xu appartient à la Terre Yang.

Pourtant, avant même de connaître ce nom, son paysage nous l’avait déjà presque montré : quelque chose tient pendant que tout autour commence à se retirer.


Paysage rural après la récolte, avec champs presque vides, outils rangés, feuilles sèches et Terre redevenue visible, évoquant la fin de l’automne de Xu.

CE QUI TOMBE RETOURNE AU SOL


Une feuille qui tombe semble quitter l’arbre. Mais elle ne disparaît pas.

Elle rejoint la Terre.

Les tiges sèchent. Les fruits oubliés tombent. Les végétaux terminent leur cycle visible.

Peu à peu, ce qui avait occupé l’espace retourne vers le sol.

L’automne nous offre alors une image étrange : le monde paraît se vider au-dessus tandis qu’il se charge en dessous.

Ce qui était dressé retombe.

Ce qui était dispersé se rassemble.

Ce qui était visible commence à rejoindre ce qui ne l’est plus.

Xu se tient précisément dans cette transition.

Il ne faut donc peut-être pas imaginer sa Terre comme une matière immobile, posée là depuis toujours.

Elle reçoit les restes du cycle. Elle rassemble. Elle contient.

Elle devient le lieu où ce qui vient de s’achever pourra être conservé, transformé ou rendu disponible autrement.


LE FROID PROGRESSE, MAIS TOUTE LA CHALEUR N’A PAS DISPARU


La fin de l’automne peut sembler froide lorsque l’on regarde simplement le calendrier. Mais la saison possède encore une mémoire.

Certaines journées restent lumineuses. Les murs chauffés par le soleil gardent un peu de chaleur. Une terre sèche peut être froide à sa surface le matin et restituer encore quelque chose de la journée lorsque le soir arrive.

Le Feu de l’été n’est évidemment plus au pouvoir.

Pourtant, il n’est pas nécessaire de l’imaginer comme totalement effacé.

Quelque chose de lui demeure en profondeur.

Cette idée deviendra particulièrement intéressante lorsque nous ouvrirons Xu dans le troisième volet.

Pour l’instant, restons dans le paysage.

Imaginez un feu qui s’est éteint depuis plusieurs heures. À première vue, il ne reste que de la cendre.

Mais si l’on remue doucement le foyer, une petite braise peut encore apparaître.

Xu possède peut-être quelque chose de cette image : le grand feu n’est plus visible, mais la saison n’a pas entièrement oublié la chaleur.


UN MONDE QUI FERME SES PORTES


À mesure que les jours raccourcissent, les rythmes changent.

On rentre plus tôt. Les animaux cherchent davantage l’abri. Les maisons retrouvent une importance qu’elles avaient presque perdue pendant les longs jours d’été.

Ce qui pouvait rester dehors doit progressivement être protégé.

Le monde crée des limites.

Une porte sépare désormais plus clairement le dedans du dehors. Une réserve protège ce qui doit durer. Un mur coupe du vent. Un toit garde au sec. Une grange rassemble ce qui nourrira plus tard.

La fin de l’automne rend soudain ces structures essentielles.

Et c’est peut-être ici que le paysage de Xu devient très différent de celui de You.

You distinguait. Xu contient.

You demandait : qu’allons-nous conserver ?

Xu commence à demander : où allons-nous le mettre pour qu’il traverse ce qui vient ?


LE SEUIL AVANT L’HIVER


Xu n’est pas l’hiver.

Cette distinction est essentielle.

L’Eau n’a pas encore pris le pouvoir saisonnier : nous sommes toujours dans l’automne, mais à son extrémité.

Devant nous se trouve Hai, le Cochon, et avec lui commencera une autre saison.

Xu est donc un seuil.

Derrière lui : plusieurs mois de croissance, d’expansion, de maturation et de récolte.

Devant lui : le froid, l’intériorisation et la conservation hivernale.

Un seuil appartient toujours à deux mondes sans être complètement l’un ou l’autre.

On y termine quelque chose.

On y prépare autre chose.

Et parfois, il faut fermer une porte avant de pouvoir en ouvrir une nouvelle.


LA BEAUTÉ DES CHOSES QUI NE CHERCHENT PLUS À PARAÎTRE


Le paysage de Xu pourrait sembler moins spectaculaire que celui des floraisons du printemps ou des grandes récoltes de l’automne.

Pourtant, sa beauté est ailleurs.

Un arbre presque nu révèle la forme de ses branches.

Un champ vide montre les lignes du terrain.

Une lumière plus basse souligne un mur, un chemin, une pierre.

Lorsque l’abondance disparaît, la structure devient visible.

Il reste moins de choses.

Mais celles qui restent prennent davantage de poids.

Peut-être est-ce cela aussi, la Terre de Xu : quelque chose qui n’a plus besoin de produire beaucoup pour être présent.

Le terrain suffit.

Le mur suffit.

La réserve suffit.

La braise suffit.


UN PAYSAGE DE CONSERVATION


Si nous devions résumer Xu par une scène, nous pourrions imaginer une ferme au crépuscule.

Les champs sont presque vides.

Quelques feuilles sèches glissent sur le sol.

Dans une grange, les récoltes sont désormais à l’abri.

Une lampe vient d’être allumée.

Dehors, l’air se refroidit.

Et près de la porte, quelque chose veille.


Chien vigilant devant une grange éclairée au crépuscule, avec les récoltes mises à l’abri, illustrant Xu comme temps de conservation, de protection et de fermeture avant l’hiver.

Nous n’avons pas encore parlé du Chien.

Mais il est déjà presque là.

Car dans un paysage où le dehors devient plus froid, où les réserves doivent être protégées et où la frontière entre l’extérieur et l’intérieur devient plus importante, l’image de cet animal commence soudain à prendre tout son sens.

Xu n’est pas seulement la fin de quelque chose. C’est le moment où le cycle comprend qu’il doit protéger ce qu’il veut emmener plus loin.


DANS LA PROCHAINE PARTIE : XU 2/3 — LE CHIEN AU-DELÀ DU ZODIAQUE


Pourquoi le Chien a-t-il été associé à cette Branche ?

Que peut nous apprendre un animal qui garde, observe, reconnaît son territoire et se tient si souvent près des seuils ?

Et surtout, comment dépasser les traditionnels portraits de fidélité et de loyauté pour retrouver derrière le Chien le véritable mouvement de Xu ?

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